Alamo Race Track Biography
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D’abord envisagé comme une excellente réponse de l’Europe continentale au renouveau post-punk initié aux Etats-Unis et en Angleterre, le quatuor hollandais d’Alamo Race Track vient de passer la vitesse supérieure pour s’imposer, tout simplement, comme l’un des meilleurs groupes pop du moment.
En effet, après un Birds At Home déjà très prometteur, le combo de Ralph Mulder se lance à présent sur la piste d’une pop souvent brillante conciliant avec panache des influences aussi variées que XTC, Radiohead, les Strokes ou encore R.E.M.. Au bout du compte, Blackcatjohnbrown s’affirme logiquement comme un joyau pop long en bouche et diablement inspiré sans grand équivalent sur la scène actuelle. Droits dans leurs bottes et la tête haute, les quatre d’Alamo Race Track viennent sans doute de se faire un nom.
Découverts en 2005 avec le très bon Birds At Home, les Hollandais d’Alamo Race Track avaient gagné d’emblée la sympathie d’une bonne partie de la critique avec leur séduisant mélange d’efficacité pop et d’élégance arty. A l’époque, le groupe de Ralph Mulder évoquait encore un genre de croisement réussi entre la fraîcheur revigorante des Strokes et la redoutable intelligence de Radiohead. Porté par d’authentiques perles pop telles les captivants “Happy Accidents” et “We’d Like To Go On”, ce premier album les avait rapidement situé parmi les combos les plus prometteurs de la nouvelle scène européenne.
Enregistré au printemps dernier au studio Excelsior de Weesp, dans les alentours d’Amsterdam, Blackcatjohnbrown, le deuxième album du groupe, s’affirme vite comme la brillante confirmation de toutes les promesses affichées par son prédécesseur. En effet, oscillant entre les influences Eighties parfaitement digérées des excellents “The Northern Territory” et “Lee J Cobb” et les constructions légèrement alambiquées d’une pop sophistiquée évoquant aussi bien XTC que le Radiohead d’OK Computer, ce second opus d’Alamo Trace Track est une saisissante montée en puissance pour un groupe qui n’a vraiment plus rien à envier aux plus inspirés de ses concurrents britanniques.
David Corel explique cette saisissante mutation : “Lorsque nous avons commencé à discuter de ce que nous recherchions pour ce nouvel album, il nous a vite semblé que Birds at Home possédait finalement une dimension assez rustique et paisible. Pour celui-ci, nous voulions donc nous diriger vers quelque chose de plus urbain, de plus énergique. Et puis, au fil de l’enregistrement, nous avons laissé filer l’idée pour nous retrouver, encore une fois, avec un disque assez varié. Mais la grande différence tient aussi au fait que la plupart des titres de cet album avaient d’abord été testés en concert, lors de notre tournée en France à l’Automne 2005, et ont, ensuite, été joués live en studio.” A l’arrivée, de la pop jubilatoire de “The Kiss Me Bar” (qui rappelle un peu XTC) à l’épatant “The Open Sea” (sorte de croisement réussi entre les Strokes et le meilleur de R.E.M.), en passant par le somptueux “On The Beach” (qui pourrait faire penser à un compromis entre Andrew Bird et Beulah), Blackcatjohnbrown brille par son éclectisme ainsi que par l’étonnante maîtrise que le groupe affiche tout au long de ce cet étonnant festival pop.
Autre sommet de l’album, l’excellent “The Killing” est un hommage du chanteur Ralph Mulder au film de Stanley Kubrick du même nom (L’Ultime Razzia, en français) et bénéficie de la présence plutôt radieuse d’une certaine Hulya Kilicaslan : “C’est une amie à nous. Elle est photographe à Amsterdam et sort avec Jelle Paulusma, qui a été le chanteur de Daryl-Ann, un groupe très populaire en Hollande, et qui joue aujourd’hui avec Len (Leonard Lucieer), dans un projet parallèle. Hulya et Jelle font aussi les chœurs sur ‘Don’t Beat This Dog’.” Et si le très accrocheur “Blackcatjohnbrown” donne son titre à l’album, c’est avant tout parce qu’il s’agit “d’un morceau qui avec lequel nous nous sommes tout de suite tous sentis très à l’aise. La musique et les textes ne sont pas trop lourds et c’est exactement le sentiment que nous espérions dégager de ce disque. Et puis, nous avons rapidement trouvé cette idée d’une fille avec le visage maquillé en chat pour la couverture de l’album…”
En février dernier, Alamo Race Track avait volé la vedette à tout le monde et livré un set d’une efficacité assez époustouflante lors du concert anniversaire de Fargo à la Maroquinerie. A l’époque, le groupe n’était pas encore entré en studio pour l’enregistrement de Blackcatjohnbrown mais il était déjà évident qu’il avait basculé dans une autre dimension. Le deuxième album qui sort aujourd’hui est la preuve indéniable de cette stupéfiante évolution et il est plus que vivement conseillé de ne pas rater le quatuor hollandais lors de sa prochaine tournée.